1er trimestre 2009
Lettre N°1



Édition du mercredi 29 avril 2009

La santé n'est pas une priorité pour les 16-25 ans

C'est ce qui ressort d'une étude effectuée auprès de 3 600 jeunes en Languedoc-Roussillon. Les résultats sont très différents selon leur situation : en insertion, en apprentissage ou à l'université.

C'est une enquête qui fera date. De par le nombre des jeunes qui y ont répondu, d'abord. Près de 3 600 ont participé à ce "diagnostic santé" : 1 557 en insertion, 1 112 en université et 900 en apprentissage. De par le sujet abordé, ensuite. Il ressort en effet que la santé est le cadet des soucis des jeunes qui sont en train de définir leur avenir professionnel. D'où l'importance de mieux cerner cette question. "Notre difficulté, c'est de faire comprendre que la santé doit être prise en compte dans la formation et l'éducation, explique Béatrice Rougy, directrice du service santé de la Région. Un des problèmes de l'adolescence, c'est la prise de risque, notamment sur un mode festif". Les résultats du diagnostic ont été présentés hier matin au conseil général par Valérie Desmartin, de l'Observatoire régional de la santé. Les addictions sont particulièrement fortes chez les apprentis. Seuls 12,9 % des étudiants sont fumeurs, alors qu'ils sont 38,9 % en MLI (insertion) et 43,4 % en apprentissage ! Pour la consommation excessive d'alcool, les chiffres sont respectivement de 38,4 %, 39,8 % et 63,1 %. Concernant la sexualité, les réponses sont beaucoup plus homogènes.

75 % des jeunes en insertion précaire
Sur l'accès et le renoncement aux soins, on retrouve de grandes disparités, au détriment des jeunes en insertion, cette fois. 10 % des étudiants et 11,8 % des apprentis n'ont pas de mutuelle complémentaire, alors qu'ils sont 31,7 % en MLI. De même, 28,2 % des jeunes en insertion ont renoncé à des soins, essentiellement pour des raisons économiques, contre 16,2 % des apprentis et 14,7 % des étudiants.

La fragilité sociale a elle aussi été mesurée. L'enquête révèle ainsi que 74,6 % des jeunes en insertion sont précaires ! Ce critère est le seul qui puisse être mesuré au niveau départemental. C'est l'Aude qui a le meilleur taux d'intégration sociale, la précarité étant la plus grande dans le Gard. Le fait que l'Aude soit un département rural joue en sa faveur, la précarité économique et sociale étant moindre qu'en milieu urbain. Seules exceptions : l'alcool, l'héroïne et l'ecstasy, qui sont davantage consommés par les jeunes ruraux.
 
10 % des jeunes ont pensé au suicide
Les jeunes sans qualification sont évidemment plus exposés à la précarité. Ils sont 43,8 % à déclarer leur insatisfaction devant leur orientation ou leur situation, contre seulement 5,9 % des étudiants et 5 % des apprentis. Mais concernant ceux qui ont pensé au suicide dans l'année, l'homogénéité est plus grande : 12,4 % en insertion, 9 % des apprentis et 7,3 % des étudiants. Dans la région, cela représente quand même près de 300 jeunes qui ont déjà pensé à commettre l'irréparable.

D'où la nécessité de former les professionnels au repérage et à l'orientation des jeunes en situation de fragilité sociale et de mal-être. C'est une des conclusions de cette enquête qui vise à promouvoir la santé.

G. R.


Édition du mercredi 29 avril 2009


La région sonde les jeunes Dp

Enquête : Restitution d’une étude menée entre 2007 et 2008

La santé est-elle une priorité pour les 16-25 ans ? Les jeunes de la région sont-ils égaux face à la question de la santé, sa perception, son accès ? Des enquêtes et autres études sociologiques menées en France ont déjà démontré que plus les inégalités sociales sont importantes et les relations familiales chaotiques, plus s’accroît la tendance des conduites à risque. Le diagnostic sur la santé des jeunes 16-25 ans en Languedoc-Roussillon restitué hier confirme cette règle. Menée entre 2007 et 2008 auprès de 3600 jeunes (jeunes en insertion, apprentis et étudiants), cette enquête conduite par l’observatoire de la santé et la direction santé du Conseil Régional a été relayé par les 17 missions locales implantées dans la région, 28 centres de formation et cinq universités. La perception et le ressenti de chacun face à la question de la santé, le rapport au tabac, à l’alcool, à la sexualité, au mal-être, à la violence et le renoncement aux soins ont été pointés à la faveur des questionnaires.

But de la manœuvre : « produire des connaissances locales sur les conditions de la vie et de la santé des jeunes afin d’orienter les actions et programmes visant ce public. » Quelles leçons en tirer ? Lorsqu’on demande à Robert Crauste, conseiller régional en charge de la politique santé, présent hier, il répond : « Nous n’avons pas attendu les résultats de cette étude pour agir. Tenez, par exemple, le Conseil Régional finance un poste de psychologue par MLI ». Il le dit lui-même : outre une connaissance plus fine des inégalités des jeunes face à la question de la santé, l’étude financée par la Région « aura permis de nous conforter dans nos actions ». On n’est jamais si bien servi que par soi-même.
 

C.S.B


Édition du lundi 04 mai 2009

La santé, cadet des soucis pour les 16-25 ans

 Enquête : La santé n'est pas une priorité pour les 16-25 ans.

C'est ce qui ressort d'une étude effectuée auprès de 3 600 jeunes en Languedoc-Roussillon. Les résultats sont très différents selon leur situation : en insertion, en apprentissage ou à l'université. Cette enquête fera date. De par le nombre des jeunes qui ont répondu, d'abord. Près de 3 600 ont participé à ce "diagnostic santé" : 1 557 en insertion, 1 112 en université et 900 en apprentissage. De par le sujet abordé, ensuite. Il ressort en effet que la santé est le cadet des soucis des jeunes qui sont en train de définir leur avenir professionnel. D'où l'importance de mieux cerner cette question.« Notre difficulté, c'est de faire comprendre que la santé doit être prise en compte dans la formation et l'éducation, explique Béatrice Rougy, directrice du service santé de la Région. Un des problèmes de l'adolescence, c'est la prise de risque, notamment sur un mode festif.»

Les résultats du diagnostic ont été présentés la semaine dernière au Conseil Général de l'Aude par Valérie Desmartin, de l'Observatoire régional de la santé. Les addictions sont particulièrement fortes chez les apprentis. Seuls 12,9 % des étudiants sont fumeurs, alors qu'ils sont 38,9 % en mission locale d'insertion (MLI) et 43,4 % en apprentissage ! Pour la consommation excessive d'alcool, les chiffres sont respectivement de 38,4 %, 39,8 % et 63,1 %. Concernant la sexualité, les réponses sont beaucoup plus homogènes.
Sur l'accès et le renoncement aux soins, on retrouve de grandes disparités, au détriment des jeunes en insertion, cette fois. 10 % des étudiants et 11,8 % des apprentis n'ont pas de mutuelle complémentaire, alors qu'ils sont 31,7 % en MLI. De même, 28,2 % des jeunes en insertion ont renoncé à des soins, essentiellement pour des raisons économiques, contre 16,2 % des apprentis et 14,7 % des étudiants.
La fragilité sociale a elle aussi été mesurée. L'enquête révèle ainsi que 74,6 % des jeunes en insertion sont précaires ! Ce critère est le seul qui puisse être mesuré au niveau départemental.
C'est l'Aude qui a le meilleur taux d'intégration sociale, la précarité étant la plus grande dans le Gard. Le fait que l'Aude soit un département rural joue en sa faveur, la précarité économique et sociale étant moindre qu'en milieu urbain. Seules exceptions : l'alcool, l'héroïne et l'extasie, qui sont davantage consommés par les jeunes ruraux.
Les jeunes sans qualification sont évidemment plus exposés à la précarité. Ils sont 43,8 % à déclarer leur insatisfaction devant leur orientation ou leur situation, contre seulement 5,9 % des étudiants et 5 % des apprentis.
Mais concernant ceux qui ont pensé au suicide dans l'année, l'homogénéité est plus grande : 12,4 % en insertion, 9 % des apprentis et 7,3 % des étudiants. Dans la région, cela représente quand même près de 300 jeunes qui ont déjà pensé à commettre l'irréparable.
D'où la nécessité de former les professionnels au repérage et à l'orientation des jeunes en situation de fragilité sociale et de mal-être. C'est une des conclusions de cette enquête qui vise à promouvoir la santé.

 



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